IO n°84 (11/02 au 17/02)
vendredi 12 février 2010 par pierre
L’ÉDITO PAR DANIEL GLUCKSTEIN
Cinq faits et deux conclusions
Retraites en faillite,urgence à retrousser les manches pour trouver des solutions : cette litanie, la propagande officielle nous l’assène chaque jour. Pourtant… cinq faits récents permettent aux travailleurs de voir la réalité. Premier fait : la faillite en Grèce. Origine avérée : les capitalistes spéculateurs (lire pages 10 et 11).Deuxième fait : dans toute l’Europe, les Etats au bord de la faillite prétendent ramener les déficits publics au dessous des 3%des critères de Maastricht, et,pour cela, imposer des plans meurtriers contre les travailleurs. Troisième fait : l’Union européenne amis en place « pour la première fois un système de surveillance intense et quasi permanent », et si les mesures prises par le gouvernement « socialiste » ne suffisent pas, « la Grèce devra immédiatement prendre des mesures supplémentaires » ( Joaquin Almunia, commissaire européen). Quatrième fait : un grand nombre d’experts proposent la mise sous tutelle par le Fonds monétaire international (FMI), « la seule institution qui puisse imposer des conditions suffisamment strictes » (1), la seule qui est « prête à affronter l’impopularité (…), le surgissement de la colère dans les rues d’Athènes » (2).On sait comment les plans du FMI ont déjà conduit à la ruine et à la désolation des dizaines de pays d’Afrique,d’Amérique latine, d’Asie... Cinquième fait : dans tous les pays,on retrouve la même volonté d’associer « partis de gauche » et organisations syndicales aux mesures prises contre les salariés. De ces cinq faits, les travailleurs peuvent tirer deux conclusions. Une première conclusion politique générale : le peuple travailleur ne se sauvera de la spirale destructrice du chômage, des licenciements, des privatisations, de la misère qu’à la condition d’une rupture nette avec l’Union européenne et ses institutions. Une deuxième conclusion immédiate, s’agissant des retraites. Sarkozy annonce son intention de passer en force,peut-être même avant l’été. Les Echos (5 février) citent un responsable syndical : « La priorité est de réclamer le temps d’avoir un vrai débat national. » Le Monde (6 février) évoque un scénario suggéré par l’Elysée, selon lequel, une fois passée une phase de concertations, « entre l’attachement des Français à la retraite à 60 ans et la conscience que le système n’est pas finançable, il y aura sûrement un espace de réforme ». Le scénario est clair : après un temps de débats et concertations, peut-être même quelques journées d’action saute-mouton, viendra le moment de l’« espace de réforme », c’est-à- dire de remise en cause de nos retraites ! On le voit : le problème n’est pas pour les travailleurs celui de la longueur du débat. Illégitime est la moindre tentative de remettre en cause les régimes de retraite pour répondre aux appétits des spéculateurs. Le mouvement ouvrier n’a qu’une seule réponse à apporter : « Non au consensus », « Ne touchez pas à nos retraites ». Et pour cela, il y a urgence. Le temps est venu de l’organisation de la mobilisation.
Daniel GLUCKSTEIN secrétaire national du POI
(1)Otmar Issing,ancien vice-président de la Banque centrale européenne. (2) Pisani Ferry, proche de Dominique Strauss- Kahn, directeur du FMI.
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